Aménités environnementales : de la valeur ajoutée pour les Bauges

Publié le 29 mars 2011

Lancée en 2008, l’étude AMEN (AMénités ENvironnementales) se termine en juin 2011. Conduite par l’UMR INRA-GAEL Université Pierre Mendès-France de Grenoble en partenariat avec Rhône-Alpes Tourisme (Direction de l’Ingénierie), le PNR des bauges et le Syndicat interprofessionnel de la tome des Bauges, elle est la première du genre réalisée en France. Présentation de ses premiers enseignements.

Cette recherche concerne la Région Rhône-Alpes, avec comme territoire d'observation privilégié le Massif des Bauges, à cheval sur la Savoie et la Haute-Savoie, qui est piloté par un Parc naturel régional dont la charte porte une attention toute particulière à l’environnement et aux paysages. C’est pour recueillir le maximum d’indications possibles ayant trait à ces valeurs (écologiques, sociologiques, économiques, patrimoniales, etc.) qu’elle a été lancée sachant que les valeurs prises en compte ont un impact direct sur le degré d’attractivité touristique d’un territoire. Les conclusions devraient intéresser de nombreux autres territoires de Rhône-Alpes comme la Drôme provençale, la Chartreuse, le Vercors, les Monts d'Ardèche, le Parc du Pilat, la Bresse et la Dombes.

 

Directeur de recherches à l’UMR INRA-GAEL Université Pierre Mendès-France de Grenoble, Amédée Mollard coordonne ce programme.

Il rappelle qu’il est étendu « à deux autres régions avec la mise en place de zooms d’observation sur l’estuaire de la Gironde et le Parc des Volcans d'Auvergne. Pour le Massif des Bauges, les observations réalisées concernent la période estivale. Nous avons conjugué différents types d’approche. La première avec des écologues qui ont évalué la qualité environnementale des aménités en répertoriant une trentaine d’écosystèmes dans le cœur du parc. Il y a également eu une approche cognitive (oculométrie et photo-langage) pour analyser l’attractivité de ces aménités auprès des excursionnistes, des touristes, des résidents principaux et secondaires. Chacune de ces populations a ses propres "systèmes d'aménités", liés à leurs centres d’intérêt. Les jeunes préfèreront l’eau et les sommets, les personnes plus âgées les prairies et les villages. On montre qu’il existe un lien entre la valeur écologique du territoire et son attractivité. Le PNR doit donc prendre en compte la réalité de la diversité des profils touristiques et les acteurs du tourisme ne doivent pas avoir une vision stéréotypée du touriste. Nous avons aussi analysé ses préférences en reconstituant les itinéraires et les lieux les plus fréquentés. Les touristes sont plus passifs et viennent pour se reposer. Ils privilégient les petites balades et les zones aquatiques alors que les résidents et les excursionnistes sont plus actifs. En conclusion, on peut dire que les Baujus (NDLR : habitants des Bauges) pourraient mieux valoriser leurs aménités, en particulier pour les gîtes ruraux ».

Cette recherche débouche sur l'aspect économique du développement des Bauges en montrant ce que les touristes seraient prêts à payer. Et sur ce plan, Amédée Mollard estime que « les aménités pourraient rapporter plus d’argent aux habitants, en particulier aux agriculteurs, grâce à la diversification de leurs activités et de leurs sources de revenus ».

Pour contacter Amédée Mollard : mollard@grenoble.inra.fr

04 76 82 54 37

 

Animatrice du Syndicat de la tome des Bauges, Caroline Petite évoque le poids des aménités pour cette AOC.

« Notre syndicat fédère 61 producteurs de lait, 17 producteurs fermiers et 5 fruitières. Il a obtenu l’AOC en 2002. On produit 815 tonnes de fromage dont 675 en fruitière. Les tomes font entre 1,1 et 1,4 kilo et se vendent sur place 10 € le kilo. Les aménités environnementales jouent incontestablement sur l’image du produit issu d’une agriculture extensive respectueuse de l’environnement. Nos paysages sont une valeur ajoutée et contribuent, avec l’AOC, à favoriser une progression du prix que le consommateur semble prêt à payer. Le programme AMEN nous conforte dans notre politique. Lors de l’obtention de l’AOC, nous communiquions surtout sur un savoir-faire que l'on met désormais plus en avant nos paysages, en ayant conscience que la qualité du produit prime ».

Pour contacter Caroline Petite : caroline@tome-des-bauges.com

04 79 52 11 20

www.tome-des-bauges.com

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