Charte forestière : un outil politique de développement

Publié le 09 septembre 2009

Le 24 juillet dernier, Monsieur le sous Préfet de Haute Savoie et les représentants des quatorze communes qui composent le SIVOM du Pays du Mont-Blanc, se sont officiellement dotés d'une charte forestière. Cet outil politique de gestion des espaces boisés s'appuie sur un programme d'actions ambitieux à mettre en œuvre sur six ans.

A l'instar de l'eau, la forêt demeure une des clefs du développement durable. Au regard des 250 km2, représentant 32,5 % de ce territoire alpin, la forêt a conduit les élus à s'engager clairement. Grâce à cette charte, les communes signataires disposent désormais d'un document politique unique répondant à l'article L12 du code forestier et mettent la forêt au cœur du développement http://droit-finances.commentcamarche.net/legifrance/55-code-forestier/147107/article-l12.


Si cette décision a été prise en 2006 il a fallut attendre 2008 pour qu'une réflexion d'envergure soit engagée. « Les élus du SIVOM étaient demandeurs explique François Xavier Nicot chargé d'études de l'office national des forêts (ONF) de Haute Savoie. Dans cette opération l'ONF n'est que prestataire. Cette opération financée par le SIVOM et soutenue par l'Etat et le Conseil Général, a été lancée avant les dernières élections municipales. Il apporte une dynamique collective et montre davantage d'engagements de la part des acteurs publics et privés. » De ces rencontres est né un programme ambitieux qui prévoît la mise en œuvre d'une gestion multifonctionnelle de la forêt. Pour se faire, tous les acteurs, privés et publics, ont été associés à ces réflexions afin de définir un juste équilibre entre économie et environnement, entre respect du cadre de vie, offre touristique et espace de protection contre les risques naturels.

Articuler économie et environnement

A l'issue de trente deux réunions denses et dynamiques menées durant un an, est née la charte forestière du SIVOM. Ses choix s'appuient sur un diagnostic précis des activités en lien avec le bois. Elle dégage quatre enjeux majeurs auxquels il faut pouvoir répondre en respectant les objectifs à atteindre en termes de Développement Durable.

Ces espaces, pour la plupart composés d'épicéas, forment un puit de biodiversité. Parallèlement ils représentent une importante activité économique. Ils permettent de produire du bois utile à la construction, à la menuiserie, au transport, à l'énergieâ?¦ De la forêt dépend la filière bois qui regroupe près de 200 entreprises. Et François Xavier Nicot de conclure : « La mise en place de la charte forestière impliquait également tous les gestionnaires forestiers, les chasseurs, la chambre des métiers, les particuliers, les usagersâ?¦ c'est pourquoi il fallait créer un outil capable de satisfaire tous les acteurs d'un territoire boisé très morcelé qui appartient pour ses 2/3 à des privés ». Durant l'été différentes actions concrètes ont été expérimentées telles que : la création d'un Martelloscope à Megève, ou encore l'ouverture d'un centre d'animation autour du débardage dans une zone peu accessible en réserve naturelles des Contamines Montjoies.

Avec des versants boisés qui se situent entre plaines agricoles, urbanisées et industrielles, sommets rocheux et glaciaires ou sites classés, la forêt cristallise à elle seule la conscience collective d'une ressource à respecter.

Johana Trossat

 

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