Ecotourisme : Les territoires s'engagent ! L'exemple réussi du Trièves.

Publié le 17 novembre 2011

Le Trièves et ses trois communautés de communes (Clelles, Mens et Monestier de Clermont) sont engagés dans l’écotourisme ainsi que le tourisme adapté au handicap. Le choix d’un tourisme durable a été fait. Interview de Christine Detante, chargée de mission écotourisme et tourisme adapté (CETE Trièves et CTTLA Trièves) pour le compte des trois communautés de communes et d’acteurs touristiques engagés dans l’écotourisme.

- Le Trièves, territoire à 45 km au sud de Grenoble est bien engagé dans l’écotourisme. Comment ce choix d’orientation touristique a-t-il était pris ? Une première réflexion avait été initiée avec le Centre Terre Vivante, centre de l’écologie pratique, situé à Mens ainsi que l’Office de Tourisme de Mens en 2008. Il apparaissait évident que l’écotourisme avait toute sa légitimité sur le territoire du Trièves avec son Agenda 21 depuis 2006 ainsi que l’agriculture biologique et l’ensemble des initiatives en lien avec le développement durable. Un appel à projet de la Région Rhône-Alpes a ensuite été lancé pour les territoires écotouristiques exemplaires, les contrats CETE. Le territoire a décidé de répondre à cet appel à projet et s’est alors mobilisé.  

- Comment avez-vous mené la réalisation de votre contrat ? La communauté de communes de Monestier de Clermont a été désignée par les autres CDCs pour porter le contrat. Une chargée de mission a été recrutée pour son élaboration. L’écriture du contrat s’est faite avec l’appui des services de la Région Rhône-Alpes notamment, Régine Monet et Marion Coutagne, ainsi que du chargé de mission de la MITRA, Mathieu Maisonnasse.  Un atelier de concertation avec l’ensemble des élus du Trièves mais aussi les Offices de Tourisme et l’ensemble des acteurs touristiques du territoire a été organisé afin d’affiner les axes et les actions du contrat. Cet atelier a regroupé une soixantaine de participants et permis de finaliser l’ensemble des actions. Le contrat a ensuite été validé en commission permanente en septembre 2009 par la Région Rhône-Alpes.  

- A ce jour, quelles actions ont été réalisées par le Trièves ? Nous avons réalisé la charte de l’écotourisme en Trièves. Il s’agit de référentiels visant à qualifier l’offre écotouristique du Trièves. Un référentiel s’applique à chaque type d’activité touristique (gîte, chambre d’hôtes, hôtel, camping, accompagnateur, site touristique…) ainsi qu’aux communes et communautés de communes. Ce travail a été mené avec deux ateliers regroupant élus et acteurs du tourisme puis, les niveaux ont été définis avec des audits terrain (28 au total).   

- Comment fonctionne la charte ? Huit thématiques sont abordées (énergie/habitat, eau, déchets, déplacements, achats, patrimoine naturel, communication, sensibilisation). Des niveaux d’écotourisme sont alors définis. Pour bénéficier de la charte et de sa communication, les signataires sont audités et un niveau d’écotourisme est alors déterminé. Il s’agit d’une démarche de progrès avec des pistes d’amélioration abordées lors des audits. Nous avons 16 signataires à ce jour et 2 sont en cours de validation par le comité de pilotage. Un logo a été créé et des outils de communication tels qu’un livret pédagogique sont en cours d’élaboration. - Avez-vous mené d’autres actions ? Des actions de communication ont aussi eu lieu avec un eductour réalisé en lien avec le CDRA (Contrat de Développement Rhône-Alpes) Alpes Sud Isère sur l’écotourisme et le tourisme adapté et une signature officielle de la charte avec l’ensemble des signataires, élus des trois communautés de communes et Mme Claude Comet, Conseillère Régionale en charge du Tourisme de la Montagne et des Parcs. Nous avons aussi débuté une étude avec le Parc naturel régional du Vercors sur la structuration de la promotion et allons débuter une étude sur la commercialisation afin de structurer au mieux l’offre et de la commercialiser avec des produits élaborés en lien avec les prestataires du territoire.    

Paroles de signataires de la charte de l’écotourisme en Trièves : R Pascal Lluch, accompagnateur moyenne montagne avec sa structure RandoPays basé à St Jean d’Hérans. - Quel intérêt a pour vous l’écotourisme ? L’écotourisme est particulièrement adapté pour les espaces naturels protégés, mais aussi les territoires ruraux, comme le Trièves. Ce tourisme, s’il est construit sur le mode « responsable », doit favoriser un tourisme diffus, profitant aux territoires, peu consommateur de ressources. Il doit aussi valoriser les savoirs-faires, traditionnels comme innovants ; ceux-ci sont nombreux dans le Trièves, et représentent, potentiellement, une forte attractivité. La dimension pédagogique, et la sensibilisation sont déjà très développées dans le Trièves, notamment dans les champs du développement durable, grâce à un réseau de personnes compétentes, motivées mais pas forcément, à priori, en lien direct avec une activité touristique. J’en veux pour exemples l’association Pour bâtir Autrement ou Vignes et Vignerons du Trièves avec lesquelles je propose des sorties. Cet échange entre acteurs du territoire et visiteurs est une vraie richesse qu’il faut cultiver. C’est un versant important mais souvent oublié de l’écotourisme.

- Pourquoi avoir souhaité adhérer à la charte ? Il s’agit d’une initiative intéressante pour la sensibilisation de la population, et des acteurs existants ou potentiels. Elle permet d’amener le débat sur le tourisme souhaitable, souhaité par les Trièvois. Pour moi, son objectif est d’être aussi un outil de sensibilisation des clientèles, ainsi qu’un élément de différentiation dans l’offre de territoires concurrents ; elle doit induire aussi la construction de l’offre par les acteurs du territoire. http://www.randopays.com pascal@randopays.com - Offre de sortie : Balade dans les vignobles 16 € / adulte et 13 € / enfant     R Hervé Clot-Godard et Elodie Roullet, Hôtel Restaurant l’Auberge Buissonnière à Gresse en Vercors.

- Depuis quand avez-vous ouvert votre structure ? Nous nous sommes installés en 2007 avec tout d’abord l’ouverture du restaurant en août 2007 et l’ouverture de l’hôtel en juillet 2008. Nous faisons partie du réseau des GTV, classés 2 étoiles et avons le Label Tourisme et Handicaps pour trois déficiences.

- Pourquoi la démarche d’écotourisme vous a-t-elle intéressée ? Nous étions dans un état d’esprit écotouristique avec nos habitudes de travail en favorisant le circuit court pour notre approvisionnement, en mettant en place un compost collectif ou en rénovant nos locaux avec les produits les moins impactants possible pour l’environnement tels que la laine de mouton pour notre isolation et de la terre crue du Royans. Elodie est aussi, d’ailleurs, guide composteur. Nous favorisons une politique d’achats de matières premières en circuit court dans la mesure du possible et bio. Pour la cuisine du restaurant, il s’agit d’une cuisine 100% maison où tout est transformé et fabriqué sur place. Nous ne cuisinons que des produits de saison.

- Que vous a apporté cette démarche ? Elle nous a permis de cadrer nos pratiques et mettre des objectifs d’amélioration. Suite à l’audit, nous avons changé nos produits d’entretien, mis en place des bacs de tri sélectif pour tout l’hôtel par exemple. Cela permet aussi la mise en réseau avec d’autres prestataires, une meilleure connaissance du territoire et nous dynamise. Cela formalise aussi les actions et permet de mieux sensibiliser les clientèles qui viennent sur un territoire à préserver.

- Quelles sont vos attentes par rapport à l’écotourisme ? Nous souhaitons un développement de la promotion de l’écotourisme ainsi qu’une progression de la charte et de ses critères pour les années à venir.

Coordonnées : L’auberge buissonnière à Gresse en Vercors - Le village - Tél : 04 76 34 37 28 - contact@buissonniere.fr Nuitée ½ pension à partir de 52 € / pers avec dîner et petit déjeuner ; Plat du jour à 9 €

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