Fréquentation touristique : les bonnes pratiques passées au crible

Publié le 17 avril 2013

Le référencement des 187 principaux sites touristiques de la région répond à un objectif structurel : mettre en lumière les facteurs de succès des uns pour contribuer au développement des autres.

Le tourisme rhônalpin se dote d’un outil novateur, alimenté par dix années de retours statistiques des huit observatoires départementaux. Pour favoriser la comparaison et s'engager dans une démarche de progrès, les 187 sites accueillant plus de 10 000 visiteurs par an ont été soumis à un étalonnage thématique : les lieux culturels d’une part (musées, châteaux, édifices, etc.), récréatifs d’autre part (grottes, parcs à thèmes, jardins, etc.).

« L’idée consiste à expliquer secteur par secteur pourquoi certaines fréquentations sont en hausse, et d’autres en baisse. Puis, par une mise en valeur des facteurs de succès et un partage d’expériences, que chaque site trouve ses propres solutions, en fonction de ses particularités », livre Christelle Lepoutre, chargée d’étude à l’Observatoire Régional du Tourisme. Premier constat : la conquête des publics, finalité de cette démarche qualitative, passe par la créativité.

Témoignages.  

Joël Ughetto, directeur de l’Aven d’Orgnac

Premier des 17 grottes ou gorges régionales, 152 000 visiteurs en 2012.

JoelUghetto-AvendOrgnacQuelle stratégie avez-vous adoptée pour doper votre fréquentation ?

Nous avons d’abord cherché à assurer nos visiteurs que nos grottes millénaires ne seraient pas altérées. Puis en 2000 nous avons investi 5,5 millions d’euros pour rénover l’infrastructure, avec un gros travail sur le confort des visites et la scénarisation.

Audace et créativité sont les clés du succès ?

Il faut oser pour avancer, mais il n’y a pas que la fréquentation qui compte. Il faut savoir où s’arrêter pour respecter l’intégrité du site : nous l’avons ainsi valorisé par un spectacle son et lumière, mais sans couleurs dénaturantes, sans film diffusé dans la grotte. Ce travail en amont, mené avec des scientifiques, nous a notamment valu notre label ‘’Grand site de France’’.

Quelle valeur ajoutée apportez-vous à l’intérêt intrinsèque du lieu ?

Les animations ‘’Voyage au centre de la terre’’ ou les sorties spéléologie confèrent au site une image dynamique. Nous privilégions encore l’humain aux audio guides : visiter seul une grotte est impossible, mais ce qui apparaît comme une contrainte s’avère au final une superbe expérience, si le guide est bon, bien sûr ! Enfin, notre musée deviendra en 2014 Cité de la préhistoire, avec séquences vidéo, animations tactiles, visites guidées… Les visiteurs sont demandeurs d’interactivité. Il faut savoir anticiper leurs envies.

Quelles autres bonnes pratiques privilégiez-vous ? Nous progressons grâce à la communication, qui pèse 15% de notre budget. Une étroite collaboration avec l’observatoire départemental du tourisme nous permet de mieux connaître notre clientèle et notre zone de chalandise, pour mieux cibler nos actions de communication. S’investir dans le territoire, contribuer à son développement, est également essentiel, car s’il bat de l’aile, vous battez de l’aile aussi.  

Mhammed Behel, conservateur du musée gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal-Vienne

Deuxième des 7 sites archéologiques (74 000 visiteurs en 2012)

M-hammedBehel-CopyrightPaulVeysseyreQuels sont vos facteurs de réussite ?

Améliorer sans cesse l’accueil, et toujours proposer du neuf, pour fidéliser les anciens publics et en attirer de nouveaux. Nous varions les thématiques des visites, organisons des événements comme les Vinalia ou les journées gallo-romaines, des cycles de conférences, des ateliers pour les enfants, des expositions temporaires… On ne réussit rien sans une bonne communication : il y a peu, les Lyonnais ne connaissaient pas les journées gallo-romaines ! Il faut aussi être créatif : une application Smartphone est ainsi en cours de développement.

En quoi l’autonomie de visite est-elle si exemplaire à Saint-Romain-en-Gal ? Nous avons été un des premiers musées de France à mettre en place l’audio guidage multilingue. Mais il faut régulièrement renouveler le dispositif. Nous venons d’ailleurs d’ajouter une formule spécifique aux personnes à mobilité réduite. Et ce service est inclus dans le prix d’entrée, alors qu’il est payant dans la majorité des musées. Grâce aux aides publiques, nous avons les moyens de promouvoir et de vulgariser la culture. C’est dans ce sens qu’a été instituée la journée gratuite du jeudi.

Valoriser les bonnes pratiques est-il vecteur de dynamisme ? Si l’on peut aider d’autres musées à améliorer leur développement, c’est une très bonne démarche. Je ne suis pas dans la concurrence : la culture doit être accessible à tous les publics.    

Ces deux sites sont évoqués dans la dernière étude de l'Observatoire Régional du Tourisme sur les sites de visites à consulter et partager sans modération !

 

 Contact et informations :

Christelle Lepoutre, chargée d’étude à l’Observatoire Régional du Tourisme 04 26 73 31 81 - 06 14 44 50 86 christelle.lepoutre@rhonealpes-tourisme.com

Joël Ughetto, Grand Site de l’Aven d’Orgnac 04 75 38 65 10 - info@orgnac.com www.orgnac.com

Musée de Saint-Romain-en-Gal-Vienne 04 72 38 49 38 - michele.marquis@rhone.fr www.musees-gallo-romains.com

Commentaires
comments powered by Disqus