L’eau en devenir

Publié le 09 septembre 2010

L'heure est aux changements climatiques et paradoxalement, l'eau en montagne ne semble pas représenter une source d'inquiétude. Pourtant, les zones de montagne sont les premières victimes du réchauffement.

Lors de la 3è édition des Etats Généraux de l'eau en montagne, qui se déroulera à Megève (Haute Savoie) les 22, 23 et 24 septembre, le mot d'ordre sera d'engager une mobilisation collective pour une gestion partagée et durable de la ressource en eau sur ces territoires.

On ne peut plus gérer l'eau comme autrefois. Cette réflexion émise lors du premier colloque continue d'interroger. En effet, les zones de montagnes sont les premières victimes du réchauffement climatique. Considérées comme les châteaux d'eau de la planète elles alimentent tous les grands fleuves apportant une contribution essentielle à leur débit. Comprendre les enjeux que recouvre l'eau en montagne, suscite bien des questions : sècheresse ou inondation ? Pour tenter d'y répondre quinze pays, près de 500 experts réunis sous le haut patronage du Ministère de l'Environnement, et de l'agence de l'eau Rhône, Corse, Méditerranée, feront des propositions.

Afin de justifier la légitimité du site choisi, le premier magistrat de la commune, Sylvianne Grosset Janin, a déclaré : « A Megève l'eau représente la plus grosse ressource gravitaire. L'eau qui arrive dans les robinets est naturellement bonne, donc non traitée. L'obligation de maîtriser la coordination des usages répond à une prise de conscience dont font preuve, depuis longtemps, les gens des montagnes vis-à -vis de l'aval. Il nous faut unir nos forces amont aval pour anticiper ce qui est annoncé. »

A l'échelle planétaire, réchauffement climatique et émission de gaz à effet de serre sont en première ligne. Copenhague a montré les effets que cela aura sur la température. Mais qu'en est-il des cycles hydrologiques ? Selon J.F. Donzier, Directeur de l'Office International de l'Eau « il faut s'attendre à voir les précipitations s'accroître entre 2025, 2035, si cela n'est pas déjà en marche. En revanche, en montagne nous enregistrons, en moyenne 20 % de moins de précipitations par rapport à l'avant guerre. Nous rencontrons des difficultés de remplissage des barrages, ...». L'accélération de ce phénomène devrait se manifester d'ici 10 ans dans la majorité des pays du monde. « La montagne est un château d'eau, elle joue un rôle de réservoir et est en première ligne des solidarités amont aval. Lors de ces rencontres nous parlerons des outils de modélisations de la météo pour rendre les prévisions plus fines, plus fiables ». 

« L'homme sage transforme le monde en maîtrisant l'eau »

Aujourd'hui, annonce l'Agence Internationale de l'Eau, entre printemps et été, fonte des neiges et des glaciers des Alpes Françaises, le débit représente environ 15 000 milliards de m3 par an. Si cette ressource venait à tarir, la sècheresse affecterait des régions entières. Au regard de la croissance exponentielle des besoins, du changement climatique, il devient urgent de définir de nouvelles orientations politiques à promouvoir en montagne. La préservation de la ressource en eau est décisive pour l'avenir de ces régions. Ce phénomène climatique annonce des conséquences dramatiques à court et moyen terme. Et les spécialistes de souligner : « les températures constatées et attendues autour du monde d'ici 2100 s'élèveraient de 2,6°C à 3,9° C et pourraient atteindre + 4,2° C dès 1500 mètres d'altitude. » Evoquer alors la contribution essentielle des montagnes aux débits de tous les grands fleuves semble une évidence : hydroélectricité, refroidissement des centrales thermiques et nucléaires, recul des glaciers, hivers plus aqueux qu'enneigés et la liste est longue.

 Aujourd'hui, annonce l'Agence Internationale de l'Eau, entre printemps et été, fonte des neiges et des glaciers des Alpes Françaises, le débit représente environ 15 000 milliards de m3 par an. Si cette ressource venait à tarir, la sècheresse affecterait des régions entières. Au regard de la croissance exponentielle des besoins, du changement climatique, il devient urgent de définir de nouvelles orientations politiques à promouvoir en montagne. La préservation de la ressource en eau est décisive pour l'avenir de ces régions. Ce phénomène climatique annonce des conséquences dramatiques à court et moyen terme. Et les spécialistes de souligner : « les températures constatées et attendues autour du monde d'ici 2100 s'élèveraient de 2,6°C à 3,9° C et pourraient atteindre + 4,2° C dès 1500 mètres d'altitude. » Evoquer alors la contribution essentielle des montagnes aux débits de tous les grands fleuves semble une évidence : hydroélectricité, refroidissement des centrales thermiques et nucléaires, recul des glaciers, hivers plus aqueux qu'enneigés et la liste est longue.

Nous sommes dépendants de la ressource en eau des montagnes, personne ne peut y échapper. Et Jean François Donzier d'ajouter : « Nous devons nous interroger sur les outils d'aménagements à mettre en œuvre pour répondre aux besoins des montagnards et des populations en aval ».

Ces rencontres navigueront entre témoignages, résultats et propositions ciblées. Les sites pilotes, Annecy, Mont-Blanc et Léman, retenus par le programme Help mené de l'UNESCO, présenteront sept fiches actions : la neige de culture, les zones humides... « Nous ne sommes plus dans la collecte d'informations mais dans les propositions » annonce Pierre Lachenal directeur de la SEA.

Sera également au menu de ces journées, l'adaptation de la Directive Cadre européenne sur l'eau à l'échelle de 29 pays, la gestion du massif des Alpes.... Avec la réglementation cadre de l'Euro Riob, entrée en vigueur en janvier, « l'Europe, par rapport au autres nations, est un peu plus avancé ». Enfin, ces journées donneront aux montagnards la possibilité de faire entendre leur voix en perspectives du Forum Mondial qui se tiendra à Marseille en 2012.

Johana Trossat

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