La grotte de la Luire cherche à séduire

Publié le 19 mars 2009

Située sur le plateau du Vercors, côté drômois, la grotte de la Luire souffre d'un manque de notoriété. à€ la fois haut lieu de la Résistance et site naturel exceptionnel, elle cherche à développer sa fréquentation. Ses nouveaux gestionnaires ont fait appel à la Mission d'Ingénierie de Rhône-Alpes Tourisme et à différents partenaires régionaux pour les aider à réfléchir à leur positionnement.

Située au sud du plateau du Vercors, sur le territoire de Saint-Agnan, la grotte de la Luire est tout à la fois un des hauts lieux de la Résistance dans le Vercors, puisque les Allemands y massacrèrent plusieurs blessés et membres du personnel médical en juillet 1944, et un site naturel exceptionnel. Le tourisme de mémoire est à jamais présent sous son porche, c'est-à -dire l'entrée de la cavité qui servait alors d'hôpital, alors que le tourisme naturel s'est développé au début des années 50. « à€ l'époque, c'était alors le premier site touristique du massif avec plus de 50 000 visiteurs par an, explique Christine Tissot, responsable ingénierie à la MITRA. Mais sa fréquentation a fortement régressé à partir des années 80 pour se situer aujourd'hui autour de 10 000 visiteurs. Cette baisse de fréquentation n'est pas propre à la Luire, puisque les grottes de Rhône-Alpes souffrent de cette désaffection du public depuis plusieurs années : produit vieillissant, peu attractif, difficilement accessible...., En septembre 2006, le jeune couple de gestionnaire , Daphné Thomas et Cyril Brun, ont repris la grotte. Ils ont adhéré à l'association Séquence Nature Rhône-Alpes qui regroupe une trentaine de sites touristiques. Comme l'ont fait d'autres cavités touristiques de Rhône-Alpes , ils ont entamé une réflexion pour la création d'un projet de site en se posant un certain nombre de questions qu'ils ont souhaité soumettre au groupe de travail dont font partie la MITRA et d' autres partenaires, comme le CDT de la Drôme, le Parc naturel régional du Vercors et le CDRA Royans - Vercors ; l'objectif étant de les accompagner à repositionner le site pour renouer avec une fréquentation plus importante ».

Forts des constats effectués en 2008 et des conseils prodigués par les différents partenaires et après avoir dressé un état des lieux précis, Daphné Thomas et Cyril Brun ont choisi de se positionner sur le créneau du développement durable sans occulter le volet mémoriel du lieu.
« Mon mari était guide à la grotte alors que je travaillais à l'office de tourisme du canton de La Chapelle-en-Vercors, rappelle Daphné Thomas. La baisse de la fréquentation du site est entre autre due à une gestion peu pertinente à partir des années 80 et à l'ouverture de plusieurs sites touristiques dans le massif comme le mémorial de la Résistance, les grottes de Choranche, le Musée de la préhistoire, la grotte de la Draye blanche ou la Magie des automates. Dès notre arrivée, nous avons constaté qu'il y avait beaucoup de choses à remettre en place avec en particulier un déficit d'image et un positionnement mal défini. C'est pour cette raison que nous avons voulu nous faire accompagner par Christine Tissot de la MITRA, Vincent Biot de Séquence nature, Françoise Alazard du CDT, Mathieu Rocheblave du Parc du Vercors, Karine Cappelle du CDRA, et Alain Mouchiroud de l'Espace Royans - Vercors. En 2008, nous avons paré à l'urgence, en délocalisant l'accueil pour que celui-ci soit identifié dès le parking situé 500 m avant l'entrée de la grotte. L'installation de tables de pique nique, la création d'une mini boutique a constitué pour nous une première étape. L'investissement, pris en charge à hauteur de 50% par la Région et Séquence nature, s'est élevé à 11 000 € ».

« Le groupe de travail nous a aidés aussi à repenser notre circuit de visite ; en effet, le circuit habituel opposait les thématiques « résistance » et « hydrogéologie ». Pour rendre le nouveau circuit de visite plus cohérent et interactif, il est apparu évident qu'il fallait au contraire rassembler les différentes thématiques, et ainsi aborder de manière transversale toutes les aventures humaines, qu'elles soient liées à la résistance, à l'exploration spéléologique, au passage de précurseurs ou des charbonniers, tout en mettant ces aventures en parallèle avec l'activité naturelle du site, ses crues exceptionnelles »...
Le visiteur assiste donc à une visite beaucoup plus logique, o๠tous les arrêts et explications du guide sont liés entre eux, grâce notamment à la présence de silhouettes qui rappellent chacun des personnages. Par ailleurs, une nouvelle façon d'aborder la thématique résistance a vu le jour, en racontant notamment l'histoire d'une des infirmières, avant, pendant et après son passage à la Luire. Ainsi, le visiteur passe de la désolation du spectacle de la déportation, de l'exécution et de l'emprisonnement, à une fabuleuse histoire de courage, de liberté, et de volonté de vivre, un nouvel angle de vue sur les évènements, qui correspond par ailleurs à une évolution plus large au niveau national.

« Le groupe de travail nous a aidés aussi à repenser notre circuit de visite ; en effet, le circuit habituel opposait les thématiques « résistance » et « hydrogéologie ». Pour rendre le nouveau circuit de visite plus cohérent et interactif, il est apparu évident qu'il fallait au contraire rassembler les différentes thématiques, et ainsi aborder de manière transversale toutes les aventures humaines, qu'elles soient liées à la résistance, à l'exploration spéléologique, au passage de précurseurs ou des charbonniers, tout en mettant ces aventures en parallèle avec l'activité naturelle du site, ses crues exceptionnelles »...
Le visiteur assiste donc à une visite beaucoup plus logique, o๠tous les arrêts et explications du guide sont liés entre eux, grâce notamment à la présence de silhouettes qui rappellent chacun des personnages. Par ailleurs, une nouvelle façon d'aborder la thématique résistance a vu le jour, en racontant notamment l'histoire d'une des infirmières, avant, pendant et après son passage à la Luire. Ainsi, le visiteur passe de la désolation du spectacle de la déportation, de l'exécution et de l'emprisonnement, à une fabuleuse histoire de courage, de liberté, et de volonté de vivre, un nouvel angle de vue sur les évènements, qui correspond par ailleurs à une évolution plus large au niveau national.

Ouverte au grand public d'avril à octobre et même pendant les vacances d'hiver (sa visite dure une heure avec l'entrée à 6,50 € pour les adultes et à 4,10 € pour les enfants de 6 à 15 ans, la Luire est la seule grotte active aménagée en France. Elle est même la plus grande remontée d'eau connue à ce jour au monde, l'eau remontant de 500 mètres sous terre pour jaillir sous le porche « un peu à la manière de la lave pour un volcan », affirme Daphné Thomas.

Fin 2009, ils dresseront un bilan de cette nouvelle année d'activité, espérant passer la barre des 11 000 visiteurs. « On décidera alors peut-être de faire appel à un cabinet conseil pour nous apporter un point de vue extérieur tout en sachant que notre marge d'autofinancement est faible », conclut-t-elle.


Pour en savoir plus :
www.grotte-luire-vercors.com

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