« Les Entretiens de Combloux »

Publié le 20 février 2012

Climat – énergie : simuler demain en modélisant une planète conceptuelle Chaque année depuis sept ans, l’association « Climat Energie Humanité Médias », organise en collaboration avec Laurent Ansenay, directeur de l’office de tourisme, les « Entretiens de Combloux ». Ce rendez vous réunissant une trentaine de journalistes multi supports a pour objectif de sensibiliser la presse nationale au changement climatique au travers des exposés de scientifiques et spécialistes de l’énergie et du climat.

Derrière le cadre idyllique de Combloux, qui sert d’écrin aux entretiens éponymes, se cachait cette année un sujet majeur pour nos sociétés : les grandes données de cadrage relatives à l’énergie et au changement climatique. Des intervenants émérites parmi lesquels Hervé Le Treut, co prix Nobel de la paix avec le GIEC en 2007, se sont notamment exprimés sur les causes et l’évolution du réchauffement climatique en soulignant que «  les conséquences du réchauffement climatique sont encore incertaines ». Frises du temps a l’appui,  il est revenu sur le climat dans lequel se sont développés nos civilisations. Si sur une période de 10 000 ans --jusqu’au début du XXème siècle-,  on constate une quasi stabilité du climat, on remarque qu’il s’est dégradé en quelques décennies, pour s’accélérer à l’issue de la seconde guerre mondiale. Et le Directeur de l’Institut Pierre-Simon Laplace de préciser : « On essaie de comprendre ce qui peut se passer dans le futur, alors même qu’il est difficile de se projeter. » Pour tenter d’y parvenir, la physique a permis de développer un modèle de planète artificielle, approche conceptuelle capable de reproduire ce qui existe aujourd’hui pour, en faisant évoluer les variables,  envisager ce que pourrait être demain. Dès lors, deux scénarios sont aujourd’hui envisagés comme possibles : le plus optimiste  indique  que le taux de CO2 va être multiplié par deux, le plus pessimiste qu’il sera multiplié par 3, avec bien entendu, dans les deux cas des répercussions sur les activités humaines, parmi lesquelles le tourisme.   Maintenir la bio diversité Depuis les années 90, on assiste a une augmentation des températures qui pourrait conduire à une augmentation de 2 à 6 degrés à la fin du siècle, avec plus 8° C dans les régions polaires. Les conséquences attendues sont multiples, parmi lesquelles la fonte de la banquise arctique notamment au Groenland avec la diminution du volume de glace et la montée du niveau des mers de 1m environ, ainsi que la fonte générale des glaciers, notamment dans les Alpes. Notons qu’en montagne, 1°C de réchauffement s’opère tous les 150 mètres de dénivelé. Ainsi, un réchauffement de 3°C fait remonter la température de 450 à 500 m d’altitude avec des conséquences évidentes. Et le scientifique d’alerter sur la nécessité « d’abandonner  le raisonnement fondé sur un facteur multiplicatif de 2 pour préférer le modèle, plus réaliste, d’un facteur 4 ». Et Hervé Le Treut d’enfoncer le clou « On sait que ça va changer, mais on ne sait pas à quelle vitesse, si ce n’est que les évènements considérés comme rares aujourd’hui, seront plus fréquents, qu’il y aura d’avantage de vagues de chaleur et plus de phénomène climatiques extrêmes. La question est de savoir comment s’adapter et quelle stratégie choisir ». Et ce scientifique de conclure loin de toutes polémiques : « Il faut éviter à la fois le déni, à la fois le catastrophisme. On a du mal à s’adapter car cela va très vite et que les phénomènes s’accélèrent. Ainsi, par exemple, maintenir la bio diversité est un élément majeur pour la solidité de nos écosytèmes. Or cette biodiversité est menacée par les phénomènes en cours. Il est nécessaire de faire des choix éthiques, d’avoir de vrais débat de fonds au lieu de d’assister à des débats climato sceptiques ». Bien entendu, le tourisme est directement concerné par cette interpellation de bon sens et ses acteurs se doivent de contribuer à adapter les activités touristiques à ces réalités présentes et à venir.   Regard sur l’énergie Bertrand Barré, conseiller scientifique d’Aréva, directeur de  la recherche et du développement chez Cogema est quant à lui revenu sur l’accident nucléaire  de Fukushima précisant que, selon lui, « cette catastrophe ne retardera que de deux ans la  renaissance du nucléaire », nucléaire qui, contre toute attente, représente 10 % de l’énergie mondiale. Et Jean Marc Jancovici, ingénieur conseil spécialisé dans les domaines de l’énergie et du changement climatique, auteurs de plusieurs ouvrages de souligner que « le vrai problème pour les émissions de gaz à effet de serre demeure les énergies fossiles et en particulier le charbon qui reste la plus importante énergie fossile disponible  et dont 85% est utilisé de façon domestique ». Reste à intégrer que ce que nous connaissons aujourd’hui n’est que la conséquence de ce qui s’est passé il y a 20 ans et que l’enjeu de l’humanité est plus que jamais l’adaptation. En particulier appliquer aux transports et à la mobilité des personnes, qui reste l’une des composantes majeures du fait touristique.   Johana Trossat   Pour plus d'actualités, suivez le fil Twitter LacMontagne-RA  

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