Réchauffement climatique et biodiversité

Publié le 03 juin 2010

Dans le cadre de l'année internationale de la Biodiversité, orchestrée par l'ONU et l'UNESCO, la Région Rhône Alpes propose nombre de manifestations histoire de nous rafraîchir la mémoire, d'éveiller nos consciences, de créer une dynamique. A l'orée de son 20ème Festival des Sciences, Chamonix Mont-blanc a accueilli les 10, 11 et 12 mai, la Conférence Française pour la Biodiversité.

La Secrétaire d'Etat à l'écologie, Chantal Jouanno, a décidé d'organiser la Conférence Française pour la biodiversité à Chamonix Mont-Blanc. Ce lieu mythique, cristallise à lui seul la quête des scientifiques qui œuvrent sur deux problématiques environnementales majeures : réchauffement climatique et biodiversité. Le biologiste français Pierre Henry Gouyon, spécialisé en sciences de l'évolution et plus particulièrement en génétique, botanique et écologie, nous apporte quelques réponses. Il est intervenu d'ailleurs sur les OGM durant le festival des sciences. Réchauffement climatique et biodiversité sont deux problématiques environnementales récurrentes ? « Deux grands dangers menacent l'environnement : le changement climatique et la biodiversité. Le GIEC, qui a reçu un prix Nobel, a réalisé un énorme travail répertoriant toutes les informations existantes en la matière. En revanche, la biodiversité est à la traîne. Nous ne pouvons pas faire de projections quantitatives. Pour les scientifiques, ce n'est pas une question de volonté, mais de moyens. Entre recherche bio médicale, qui coûte et rapporte et recherche en bio diversité il existe un facteur 100. » Pourtant la diversité représente un domaine vital. « Cette conscience existe chez les initiés depuis le début du XXè siècle et Darwin en parlait déjà bien avant. »

« On sait tout, on sait pourquoi et on ne fait rien »

Dans les années 70, la naissance des mouvements écologistes, a introduit la notion de biodiversité. « Cette terminologie date de la Conférence de RIO en 1992. Mais les scientifiques, les recherches, se sont activement concentrés sur le climat. Aujourd'hui, l'ONU a souhaité rappeler cette question car le climat a pris la place. » L'extinction de l'humanité serait-elle est en marche ?

Dans les années 70, la naissance des mouvements écologistes, a introduit la notion de biodiversité. « Cette terminologie date de la Conférence de RIO en 1992. Mais les scientifiques, les recherches, se sont activement concentrés sur le climat. Aujourd'hui, l'ONU a souhaité rappeler cette question car le climat a pris la place. » L'extinction de l'humanité serait-elle est en marche ?

« Darwin expliquait déjà ce foisonnement constant existant dans la nature, la nouveauté, l'apparition, l'extinction. Il décrivait une dynamique positive. Aujourd'hui cette dynamique est en panne. » Dès lors à quoi sert la congélation des espèces si ce n'est de s'inscrire dans cette dynamique ? « Au lieu de veiller à la perpétuer, nous continuons à agir sur les espèces que l'on cultive. » Alors, comment lutter contre l'érosion des ressources de la diversité génétiques ? « Pour faire de la diversité, il faut qu'il y est des échanges. Chaque population doit être indépendante pour façonner sa propre adaptation à l'environnement immédiat à l'image, de l'agriculture traditionnelle. Au cours du 20è Siècle, la concentration des semenciers a créé une hégémonie totale sur la diversité de la planète. Une sélection participative pourrait remettre en route le processus de production des plantes. » Des propos à la fois optimistes et pessimistes car on a bien envie de croire que l'homme de ne peut pas continuer à remettre en cause l'humanité. « On sait tout, on sait pourquoi et on ne fait rien.»

Johana Trossat

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