Réflexion autour de l’accès aux stations

Publié le 21 janvier 2009

Il y a trois ans, Rhône-Alpes tourisme avec sa mission d'ingénierie a engagé une réflexion portant sur l'accès aux stations et les liaisons interstations par les fonds de vallée, l'objectif étant de s'inspirer des exemples autrichien et suisse. Le ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, s'est largement impliqué dans ces études qui visent à favoriser le développement des transports collectifs.

« Il y a trois ans, Rhône-Alpes tourisme et sa mission d'ingénierie a engagé avec ODIT France une réflexion portant sur l'accès aux stations de sports d'hiver alpine et sur les liaisons interstations par les transports collectifs car, si les stations françaises bénéficient de liaisons skis aux pieds incomparables avec de nombreux grands domaines comme les 3 Vallées, l'Espace Killy, les Portes du Soleil, le Grand Massif, les Sybelles ou Paradiski, elles sont en revanche nettement moins bien reliées par les fonds de vallées contrairement aux stations suisses et autrichiennes », remarque Alain Boulogne, directeur adjoint de la MITRA. Partant de ce constat, la MITRA a commencé à réfléchir à la manière d'améliorer les liaisons « par le bas », sachant que l'objectif est de favoriser le développement des transports collectifs afin d'aller dans le sens du développement durable.

« Il est clair que si nous résolvons ce problème, nous reprendrons un avantage concurrentiel sur l'Autriche et la Suisse qui ont plus de difficultés que nous à relier leurs stations par les pistes en raison de la géographie ou des pressions environnementales », ajoute Alain Boulogne. Les premières études réalisées, un contact a été pris avec le ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire. Celui-ci a naturellement répondu favorablement à l'initiative qui entre dans le cadre de la Convention alpine présidée jusqu'à la fin 2008 par la France. Et la décision a été prise d'organiser trois séminaires d'information qui se sont tenus dans le courant de l'année dernière à Vaulx-en-Velin, Chambéry et Gap. « Ils ont réuni 450 personnes sous la présidence de Marie-Line Meaux, inspectrice générale de l'Environnement et du Développement durable au ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, rappelle Alain Boulogne. Les participants étaient les représentants des autorités administratives du secteur des transports, les exploitants de remontées mécaniques, les opérateurs touristiques et les élus alpins. L'objectif était de voir quelles mesures il fallait prendre pour améliorer les transports collectifs. Nous avons mis à plat les enjeux découlant des déplacements liés au tourisme et fait plusieurs recommandations à mettre en application, sachant cependant que les liaisons interstations dépendent de la législation sur les transports urbains ce qui interdit, par exemple, l'utilisation de navettes entre deux stations distantes de 5 kilomètres car leurs passagers ne pourraient pas voyager debout avec leurs skis à la main ! »

On l'aura compris, la législation actuelle est un frein au développement des transports collectifs dans les vallées alpines et de nombreux élus appellent de leurs vœux une évolution de la réglementation, certains préconisant même de s'inspirer de l'exemple Suisse. La constitution de la Confédération helvétique spécifie en effet que chaque citoyen doit pouvoir aller d'un point à un autre du territoire sans utiliser de moyens de transport individuels ! Et même si ces élus ont conscience que la différence de taille entre les deux pays rend une telle possibilité plus difficile en France, il est clair que de nombreuses améliorations peuvent être apportées. Et l'exemple à suivre vient de la vallée de Chamonix o๠un système de trains cadencés largement soutenu par la région Rhône-Alpes a été mis en place pour le plus grand bonheur des habitants et des vacanciers. Les expériences de ce type vont donc se multiplier dans le futur sous la pression des consommateurs et des contraintes environnementales. Alain Boulogne milite en tout cas en faveur d'une telle évolution en étant cependant conscient que les stations devront résoudre un dernier problème : celui de l'acheminement des vacanciers entre la gare d'arrivée, qu'elle soit ferroviaire ou routière, et son lieu de résidence...

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