Rhône-Alpes mesure le poids socio-économique des sports de nature

Publié le 09 septembre 2009

Mieux structurer la filière des sports de nature et mesurer son poids économique : tel est le but de l'enquête menée par la Direction régionale et départementale de la jeunesse et des sports de Rhône-Alpes. Cette étude, à laquelle la MITRA a été associée a porté sur dix-huit activités et quatorze territoires de Rhône-Alpes, région pilote. Elle alimentera une réflexion conduite par ODIT France et le ministère de la santé et des sports, et va permettre ainsi aux territoires concernés, qui ne l'ont déjà fait, de mettre en œuvre une politique de développement et de gestion des lieux de pratique et puis d'accompagner le développement professionnel de l'encadrement.

Les sports de nature représentent un tiers de la pratique sportive en France. Curieusement, on n'avait pourtant jusqu'à présent jamais consacré d'étude à son poids économique sur un territoire. Ce vide est désormais comblé grâce au travail effectué par Laurent Renou, professeur de sport et référent régional des sports de nature à la Direction régionale et départementale de la jeunesse et des sports de Rhône-Alpes. « En août 2004, le ministère a décidé de mettre en œuvre une stratégie nationale d'organisation et de promotion des sports de nature terrestres, nautiques et aériens inscrite dans le cadre du développement durable, explique Laurent Renou. L'objectif était de mieux structurer cette filière d'o๠la mise en place d'un réseau national de référents avec un relais pour chaque région et département et la mise en place d'un pôle ressources national des sports de nature, implanté depuis 2003 sur le site de Vallon Pont d'Arc du CREPS Rhône-Alpes. Cette instruction de 2004 visait à pérenniser l'accès aux lieux de pratique, à permettre au plus grand nombre de personnes de s'adonner à leurs sports favoris en toute sécurité, d'améliorer la qualité des activités physiques et sportives organisées en milieu naturel par un encadrement diplômé et qualifié et de promouvoir la stratégie nationale d'organisation et de promotion des sports de nature avec le mouvement sportif, socle de l'organisation de la pratique sportive permanente. Le tout a été conçu en lien avec un volet sur le développement local. D'o๠la mise en place de l'étude que j'ai pilotée en Rhône-Alpes, avec l'appui des directions départementales de la jeunesse et des sports, de janvier 2007 à fin juin 2008. Elle a été conduite en partenariat avec le cabinet FIGESMA et la MITRA a apporté son concours à sa réalisation ».

Le but de cette étude expérimentale - un travail similaire s'appuyant sur une autre méthodologie a concerné Midi-Pyrénées - était de mieux connaître l'attractivité touristique de ces pratiques dans la région et de mesurer leur impact socio-économique. Pour ce faire, quatorze territoires (voir leur liste ci-dessous) et dix-huit activités ont été pris en compte. L'enquête a porté sur les pratiquants et les prestataires directs ou indirects afin de croiser l'offre et la demande. Au total, 2 986 pratiquants et 199 prestataires ont été interrogés. Pour le vol libre, c'est le bassin annecien qui a été retenu et, à titre d'exemple, les retombées économiques de cette activité sont supérieures à 3 millions d'euros avec une moyenne de dépense de 26 € par jour et par pratiquant. La restitution régionale de l'étude s'est faite en décembre 2008 et elle a été suivie de restitutions départementales début 2009.

« Ce travail a permis, selon les territoires étudiés, le rapprochement des différentes institutions et a facilité une meilleure coordination dans l' approche de ces différentes pratiques, poursuit Laurent Renou. Il va également servir à alimenter un travail d'ODIT France et du ministère de la santé et des sports qui fournira des outils d'évaluation et un guide méthodologique fin 2009 ».

Pour Christine Tissot, responsable montagne à la MITRA, « il était logique que nous nous associons à ce travail dans la mesure o๠les sports de nature contribuent à l'attractivité de Rhône-Alpes. Jusqu'à présent, nous ne disposions d'aucune donnée économique fine. Celles-ci sont plus ou moins précises selon les territoires, chacun d'entre eux devant se les approprier pour aller plus loin. Ce sera le cas de l'agence Touristique de la Savoie qui lance une étude complémentaire à l'échelle de son territoire. Les territoires d'Annecy et des Aravis désirent aussi poursuivre le travail de la direction départementale de la jeunesse et des sports de Haute-Savoie afin d'asseoir leur position de leader en matière de vol libre».

Territoires pris en compte par l'étude : montagne Ardéchoise ; vallée de l'Eyrieux ; gorges de l'Ardèche et du Chassezac ; parc naturel du Pilat pour la randonnée ; parc naturel du Pilat/Saint-Pierre-de-Bœuf pour l'eau vive ; parc naturel régional du Pilat/Planfoy pour la via ferrata ; Saint-Martin-en-Vercors et Gresse-en-Vercors pour la via corda ; Lac de Paladru-Charavines pour le VTT, l'aviron, la pêche et la randonnée ; le Pays de Gex/Bellegarde pour le VTT, la randonnée et la raquette ; Hauteville/Retord pour les disciplines nordiques, la via ferrata et le VTT ; bassin annecien pour le vol libre ; parc naturel des Bauges et parc naturel de la Chartreuse pour la raquette.

Tous les documents sont téléchargeables sur le site de la DRDJS, rubrique sport puis sports de nature : http://www.drdjs-rhone-alpes.jeunesse-sports.gouv.fr/spip.php?article1

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