Stéphane Lagarde, fondateur d'Ecorider

Publié le 20 février 2012

Après avoir longtemps enseigné à l’ESF d’Argentière, cet ancien skieur professionnel passionné d’environnement a créé Ecorider à Chamonix. Cette école de ski unique en son genre est engagée dans une démarche environnementale. Pour compenser son émission de CO2, elle participe à un programme de reforestation au Pérou.

 

StephaneLagardePortrait

Fils de Daniel Lagarde, pisteur secouriste aux Grands Montets et célèbre cristallier décédé dans l’avalanche de Montroc en 1999, Stéphane Lagarde est un ancien skieur professionnel qui a enseigné le ski à l’ESF d’Argentière avant de créer sa propre école de ski. Passionné d’environnement, il a choisi d’en faire la première école de ski engagée dans une démarche environnementale. µ Ecorider, c’est donc une nouvelle vision du ski. Du ski responsable.      

Origines du projet

« Avant l’ouverture de la saison 2008-2009, j’ai contacté Mountain Riders en leur expliquant que j’étais moniteur de ski à l’ESF d’Argentière et que je cherchais à mesurer mes émissions de CO2. En fait, je voulais réaliser le premier bilan carbone de mon secteur d’activité. Ce projet a séduit Mountain Riders et chaque jour de cette saison-là, j’ai réalisé un relevé précis de mes déplacements et des dépenses énergétiques de mon logement, de celles de mes clients, des remontées mécaniques que j’utilisais, de mon ordinateur, de mon téléphone et de celles liées à la fabrication de mes vêtements et de mon matériel de ski. Il s’agissait de la phase d’évaluation qui a débouché sur mon bilan carbone et les actions à mettre en œuvre pour réduire mes émissions. Avec Mountain Riders, on a donc pioché dans toutes les problématiques du développement durable pour voir comment agir dans ce sens. Au bout de la saison, qui dure en gros de la mi-décembre à la mi-avril, on a constaté que j’avais émis 32 tonnes de CO2, soit un peu plus de trois fois l’émission d’un Français lambda. Ce travail a débouché sur la création d’Ecorider, la première école de ski écoresponsable. Nous sommes dix moniteurs. Nos skis sont fabriqués dans l’usine Dynastar de Sallanches afin de favoriser les circuits courts. Nos tenues Rip Curl sont en matériaux issus du recyclage. Nous utilisons un fart rhônalpin dans la composition duquel on ne trouve aucun produit pétrochimique. Et nous prenons les transports en commun dans la mesure du possible. Pour nous, le développement durable n’est pas un état mais une démarche. Nous devons essayer d’être vertueux et nous faisons tout pour valoriser les acteurs du territoire. Cette démarche est à ma connaissance une première et nous sensibilisons nos clients tout au long de l’hiver car 80% des gaz à effet de serre qui proviennent de l’activité touristique sont liés aux transports ».  

Compensation

« Il y a des flux incompressibles et nous compensons nos émissions en participant à des actions de reforestation dans la région de l’Alto Huayabamba en Amazonie péruvienne où vivent 1 500 petits producteurs de coca et de canne à sucre. Les populations de cette région plantent des arbres sur des parcelles où il y a eu des cultures intensives. Depuis 2010, Ecorider a ainsi replanté 328 arbres par l’intermédiaire du collectif PurProjet. Il s’agit d’une compensation volontaire. Et, aujourd’hui, tous nos clients sont invités à participer à cette action. En versant 5 € pour compenser leur transport jusqu’à Chamonix, ils peuvent acquérir un arbre qui portera leur nom. Notre action attire la sympathie de nombreux acteurs du tourisme de la vallée et plusieurs d’entre eux, hôteliers et tours-opérateurs notamment, travaillent ou veulent travailler avec nous. J’espère que cette action en entraînera d’autres car j’ai envie de continue à voir de la neige et à pouvoir skier. Pour qu’il en aille ainsi, il faut que le tourisme soit plus vertueux ».   Contact : Stéphane Lagarde - 06 36 66 48 10  - info@ecorider.org www.ecorider.org

Commentaires
comments powered by Disqus