Symposium theALPS : S’appuyer sur le mythe des Alpes pour séduire

Publié le 26 septembre 2013

Intitulé « Le mythe des Alpes, des stratégies pour l’avenir », theALPS Symposium 2013 a permis de définir de nouvelles pistes pour gagner des parts de marché.

Comme le veut la tradition à theALPS, la rencontre annuelle se termine toujours par un symposium animé par des conférenciers de haut niveau. Le thème retenu pour cette édition 2013 était « Le mythe des Alpes, des stratégies pour l’avenir ».  

 

« Les Alpes sont un mythe en tant que telles »

Christoph Engl, le premier des intervenants, a joué un rôle déterminant dans l’élaboration de l’image de marque de la destination Sud Tyrol en Italie. Il a intitulé son propos « Quo vadis le mythe des Alpes ? ». Pour lui, « les Alpes sont un mythe en tant que telles ». Et il s’appuie sur les raisons suivantes pour justifier cette affirmation : l’alpinisme, les écrivains « qui ont fait la légende », les films et la peinture. Il a invité chacun des acteurs présents à « préserver cet état mythique » tout en leur rappelant qu’il existe « de nombreux endroits très beaux dans le monde. Tous se concurrencent et il faut voir quelle destination correspond à quel groupe de personnes. Il faut viser le bon groupe et faire appel à l’imagination du client. On ne doit pas tout lui montrer mais toucher son affectif et vendre l’histoire qui va avec le produit ». Citant en exemple une publicité Vuitton, il invite les professionnels du tourisme à « vendre l’histoire qui va avec le produit avec une bonne narration afin que les gens identifient la destination par le côté imaginaire ». En conclusion, il préconise la mise sur le marché de « produits qu’il n’y a pas ailleurs». Le sujet débattu dans la foulée avait pour thème « Les Alpes de l’ouest accueillent les Alpes de l’est ». Marc Béchet, directeur général de Rhône-Alpes Tourisme, a ainsi pu échanger avec Josef Margreiter, son homologue pour le Tyrol. Marc Béchet a rappelé la réflexion engagée par la région Rhône-Alpes dans le cadre de Montagne 2040 et s’est dit convaincu que « l’été dans les Alpes est une saison en redevenir ». Ce phénomène est perceptible depuis 2008-2009, les vacanciers venant « pour vivre des émotions, le mythe, et pour les panoramas qui font l’essentiel de notre attractivité ».   Pour sa part, Josef Margreiter est revenu quelques décennies en arrière. Aux années 80-90 très précisément. « Nous avons alors perdu beaucoup de terrain. La montagne marchait très bien l’hiver et les investissements pour l’été ont été insuffisants. Il faut donc de l’innovation et répondre à de nouveaux besoins ». Un point de vue largement partagé par le directeur général de Rhône-Alpes Tourisme : « Nous devons faire progresser la qualité de l’accueil, des infrastructures et offrir des expériences uniques ». Il fut ensuite question du réchauffement climatique contesté par Josef Margreiter. Pour lui, « les températures hivernales moyennes ont baissé dans les Alpes depuis une dizaine d’années. Et même si elles viennent à progresser de deux degrés, on pourra skier car la neige de culture en est au début de son développement ». Les deux débatteurs prônent des actions visant à relancer les classes de neige afin de renouveler la clientèle. Côté Tyrol, on vise également les anciens skieurs invités à revenir sur les pistes et remboursés si l’expérience ne leur plait pas… En France, l’opération French Skiss concerne les jeunes de 16 à 25 ans. Pour un séjour d’une semaine, ils bénéficient de trois jours de forfait, cours et matériel offerts ! Rhône-Alpes va encore plus loin en accordant une aide financière de 350 euros à un jeune qui débourse 50 euros pour un séjour. Ce renouveau passe également par la venue de nouveaux clients, notamment asiatiques, moyen-orientaux ou sud-américains, et par la mise en avant de thématiques porteuses telles que l’écotourisme, les sports d’aventure, le bien-être, la marche et le ski de randonnée. Ces clientèles doivent aussi se sentir accompagnées. D’où l’importance de disposer de points d’accueil, tels que ceux mis en place par Rhône-Alpes à l’aéroport de Genève et, d’ici la fin 2013, à Saint-Exupéry. Et, alors qu’on imagine le Net incontournable dans le choix des destinations, les deux intervenants sont tombés d’accord pour considérer que les TO ont encore un beau rôle à jouer. Ceci à condition qu’ils proposent une offre unique, des produits avec du caractère et de l’excellence le but étant que les vacances à la montagne soient réussies.  

 

« Le mythe ne peut s’accommoder de la modernité, il faut re-naturaliser les montagnes »

Felizitas Romeiss-Stracke, intellectuelle reconnue dans le secteur des loisirs et du tourisme, était la dernière intervenante. Elle a analysé la croissance de l’industrie touristique dans l’économie de l’expérience. Dans les années 80-90, l’hédonisme était la valeur reine des vacances. Aujourd’hui, elles doivent correspondre à une expérience significative. « La destination doit donc se mettre en scène. Le mythe ne peut s’accommoder de la modernité et il faut « re-naturaliser » les montagnes». Ce symposium s’est terminé par la présentation des cinq nominés de theALPS Award 2013, le mot de la fin revenant à Claude Comet, conseillère régionale déléguée au tourisme et à la montagne, qui s’est réjouie de « ce travail d’échange à l’échelle européenne qui permet de développer des politiques transnationales ».  

 

 

 

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