Tendances des transports : l’essor des nouvelles mobilités

Publié le 23 novembre 2018

Élément clef d’accès aux loisirs et au tourisme, et facteur important d’usage du lieu de séjour, le transport est en pleine mutation. De l’amélioration des véhicules existants à l’apparition de nouveaux modes de déplacement, les transports constituent un service vecteur d’image mais aussi, parfois, une curiosité participant à l’attractivité de la destination. Petite revue instantanée et non exhaustive des évolutions et innovations dans ce secteur capital pour le tourisme.

Près du quart des dépenses de vacances est absorbé par le poste transport, loin devant les autres postes (et même si 71% des séjours de nos concitoyens se passent dans l’Hexagone). C’est dire l’importance des transports sur le plan de la consommation touristique mais aussi des infrastructures et des usages des touristes. Tout séjour commence et finit dans un transport et, sur place, le transport est sensé fluidifier et même agrémenter le séjour.

Dans la lutte acharnée que se livrent territoires et grandes métropoles pour séduire entreprises, nouveaux habitants et touristes, les mobilités sont un véritable enjeu : la qualité de vie et l’efficacité des transports vers et dans la destination sont des facteurs majeurs d’attractivité et des marqueurs de modernité. Entre contrainte et innovation, les acteurs du transport évoluent plus ou moins vite. Tous restent attentifs aux changements en cours, mais certains résistent ou s’adaptent quand d’autres anticipent ou innovent.

Parmi ces changements, et pour ne rappeler que les plus notables : nécessité de préserver l’environnement, appréhendée selon les cas comme contrainte, opportunité ou objectif ; évolutions sociétales, en particulier les modes de vie et de consommation des individus ; affirmation de nouveaux rapports entre ces individus, fondés sur la collaboration et facilités par les ressources d’internet ; ou encore avancées technologiques apportant améliorations voire nouveaux moyens de transport.

La tension récente entre taxis et VTC illustre bien une situation de résistance au changement. Le combat de sauvegarde d’une profession au statut bien établi face à l’arrivée de nouveaux acteurs dotés d’autres mode de fonctionnement et logique économique révèlent deux enjeux : le besoin évident d’adapter un service aux nouvelles attentes de la clientèle, sans quoi elle se tournera vers la concurrence plus attentionnée (les VTC sont plébiscités par les usagers), et l’intérêt de rester attentif aux innovations qui bouleverseront demain matin le secteur du transport.

Le vélo à assistance électrique (VAE) poursuit sa franche progression : la hausse des ventes, de 37% entre 2013 et 2014, se maintient à 32 % entre 2014 et 2015 (flottes professionnelles comprises). 102.000 VAE se sont vendus en France en 2015 et l’évolution devrait s’intensifier dans les prochaines années avec la baisse des coûts. Il se vend déjà plus de VAE que de cyclomoteurs dont le marché s’érode (90.000 ventes en 2015). Principalement urbain, le VAE pose aussi sa roue sur les chemins : 3.000 VTT-AE vendus en 2013, 9000 en 2015 ; c’est une petite explosion qu’on ne retrouve pas ailleurs en Europe.

Impossible de terminer ce rapide tour d’horizon sans évoquer le foisonnement d’innovations qui anime le secteur des mobilités émergentes, notamment en milieu urbain.

  • En novembre 2015, Anne Hidalgo, maire de Paris, écrivait à l’inventeur de la Sea Bubble : « Je souhaiterais, si possible, que Paris soit la première capitale à tester les deux premiers prototypes de vos bulles volantes électriques sur la Seine, dès le printemps. »
  • Le transport par câble suscite l’intérêt des métropoles. Voilà un bon moyen d’associer pour un coût réduit le désengorgement des villes, le franchissement d’obstacles (rivière, autoroute, quartier), et pour certains la création d’une attraction touristique. Londres, Barcelone ou New York en sont équipées. En France, qui marque un temps de retard, le premier téléphérique urbain de transport en commun sera ouvert au public en novembre 2016, à Brest dont il permet de traverser la rade.
  • Les objets de « glisse urbaine » se multiplient : trottinettes, rollers, skates et leurs cousins électriques, gyropodes, hoverboards et solowheels sillonnent les trottoirs des grandes villes et des sites touristiques, pour l’utilitaire autant que le loisir. L’engouement pour ces moyens de transports électriques légers mêle plusieurs tendances en cours : attrait pour l’originalité, le ludique et la technologie, défiance vis-à-vis de la voiture, envie de se déplacer léger, souhait de rester en forme, sentiment d’éco-responsabilité.
  • Qu’en est-il des drones ? De grands acteurs de la livraison de colis (Amazon, La Poste) ou de pizzas (Domino’s) ont testé le principe et largement communiqué sur cette possible innovation. Mais de sérieux obstacles demeurent et la mise en œuvre à large échelle n’est pas encore d’actualité. Les freins techniques et juridiques n’empêchant pas les choses d’avancer, le dernier Consumer Electronics Show de Las Vegas dévoilait en janvier 2016 le premier drone civil capable de transporter un passager !
  • Et que diriez-vous d’une valise électrique qui vous transporte vous et vos effets de voyage, pour vous rendre plus sympathiques les liaisons entre transports et les longs couloirs d’aéroports ? Elle existe.

Nombre de ces évolutions et innovations dans les transports offrent, aux citadins notamment, des alternatives attractives à la possession d’une voiture et au transport en commun traditionnel. Le plus étonnant ne sont pas ces innovations elles-mêmes mais plutôt la rapidité avec laquelle elles se diffusent et sont acceptées, preuve qu’elles répondent à un besoin et à une évolution des mentalités.

Commentaires
comments powered by Disqus