Tourisme et émissions carbone : première approche Rhône-Alpes

Publié le 21 décembre 2009

Rhône-Alpes Tourisme vient de réaliser une étude intitulée « Première approche des émissions carbone générées par le tourisme en Rhône-Alpes ». Destinée aux décideurs privés et institutionnels, cette étude est une première nationale. L'objectif était de déterminer le contenu carbone de l'activité d'un touriste étranger comparativement à celui émis par un touriste français.

C'est à l'initiative de Hervé Saulignac, président de Rhône-Alpes Tourisme, que vient d'être réalisée une étude intitulée « Première approche des émissions carbone générées par le tourisme en Rhône-Alpes ».

« Il s'agit d'une première en France pour ce secteur, annonce Christelle Lepoutre, chargée d'études à l'Observatoire Régional du Tourisme Rhône-Alpes, qui a réalisé ce travail. Le but était de déterminer le contenu carbone de l'activité d'un touriste étranger qu'on attire dans la région comparativement à celui émis par un tourisme rhônalpin ou originaire d'autres régions françaises. Pour mener à bien ce travail, deux types de méthodologie ont été retenus.

Pour la clientèle française, nous nous sommes servis de l'étude â?? Suivi de la Demande Touristique Française » réalisée par TNS Sofres. Cette étude est annuelle et la plupart des professionnels du tourisme l'utilisent pour analyser le comportement des touristes sur leur territoire. 24 000 questionnaires ont été pris en compte et nous avons pu connaître de façon précise le kilométrage moyen effectué par ces vacanciers.

Pour les étrangers, nous ne disposons pas de données macro-économiques sur leur fréquentation dans la région. Nous avons donc sélectionné six clientèles originaires de six pays différents et représentatives de nos principaux bassins de clientèles »
.

Il s'agit dans l'ordre des Suisses, premiers propriétaires de résidences secondaires en Rhône-Alpes, des Britanniques leaders dans l'hôtellerie régionale, avec l'exemple d'un skieur allant de Londres en Tarentaise soit en voiture, soit en TGV. D'un Néerlandais, adepte du camping en Ardèche. D'un Russe arrivant à l'aéroport de Genève avant de gagner une station de sports d'hiver. D'un New Yorkais et d'un Chinois visitant Lyon.

En ce qui concerne les Français, on constate que 26% des visiteurs de Rhône-Alpes sont Franciliens et 24%â?¦ Rhônalpins ! 54% des vacanciers séjournent dans l'un des trois départements des Alpes du Nord, la Haute-Savoie devançant la Savoie et l'Isère. 84% se déplacent en voiture, 14% en train, 2% en autocar et 0,3% en avion. « Nous nous sommes concentrés sur les transports qui représenterait 74% des émissions carbone alors que l'hébergement serait à 19% selon les estimations de l'ADEME et de l'association Mountain Riders, précise Christelle Lepoutre. à? partir de cette étude, nous avons estimé le nombre de kilomètres parcourus par les Français et les Rhônalpins pour des séjours courts (moins de 4 nuits) ou pour des longs séjours (plus de 4 nuits). Ainsi, sur l'année, ce sont 14 milliards de kilomètresqui sont parcourus par les Français se rendant en Rhône-Alpes, dont 6 pour les courts séjours.

Tous types de séjours et tous types de modes de transport confondus, on est à 700 kilomètres aller-retour en moyenne, avec une moyenne de 522 kilomètres pour un court séjour et de 943 kilomètres pour un long. A eux seuls, les Rhônalpins (24% des séjours) ont parcouru 12% de ces 14 milliards de kilomètres ».

Au final, en moyenne par individu transporté :

  • Pour un trajet en voiture, on aboutit à un total de 37 kilos d'équivalent pétrole et de 11,2 kilos de carbone par passager d'un véhicule sur une base de 646 kilomètres aller-retour (distance moyenne parcourue tous types de séjours).
  • Pour un trajet en train, avec un déplacement moyen aller-retour de 981 kilomètres (distance moyenne parcourue tous types de séjours) on est à 13,7 kilos d'équivalent pétrole et de 7,8 kilos en carbone par passager
  • Et pour l'avion, avec une moyenne de 1 015 kilomètres aller-retour, (distance moyenne parcourue tous types de séjours), la dépense est de 208 kilos équivalent pétrole et 66,8 kilos de carbone par passager (sur la base d'un avion domestique ayant un taux d'emportement moyen de 64 passagers).

Côté clientèle étrangère :

  • Un Britannique empruntant un charter ski de grande capacité entre Londres et Chambéry dépense, aller-retour, 179,6 kilos d'équivalent pétrole et 57,8 kilos de carbone.
    S'il opte pour l'Eurostar, on descend à 14 kilos d'équivalent pétrole et 12,6 kilos de carboneâ?¦
  • Un Genevois propriétaire d'une résidence secondaire à Chamonix consomme 9,4 kilos d'équivalent pétrole et 3 kilos de carbone pour s'y rendre et revenir en voiture. - - Un skieur russe venant de Moscou et se posant à Genève, parcourant en avion de grande capacité 5 000 kilomètres aller-retour, est à 607 kilos d'équivalent pétrole et 195,2 kilos de carbone.
  • Et un Néerlandais adepte de la vie au grand air en Ardèche (2 120 kilomètres aller-retour en voiture) affiche un écobilan 102 kilos d'équivalent pétrole et de 33 kilos de carbone.

« Ces calculs ont été rendus possibles grâce à l'outil écocomparateur de l'ADEME, conclut Christelle Lepoutre. Et ils permettent de mieux mesurer l'impact de nos choix quotidiens en matière de déplacements. L'étude vient d'être rendue publique .

http://pro.rhonealpes-tourisme.com/images/3120-1-ort-bilan-carbone-tourisme-ra.pdf

 

 

 

 

 

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