Veille hébergements touristiques – Septembre 2026

Une hôtellerie française dynamique, mais des entreprises fragilisées

L’hôtellerie française conserve sa capacité à attirer les voyageurs et les investisseurs. Selon la 49ᵉ étude de RYDGE Conseil, le taux d’occupation progresse de 0,9 point et le revenu par chambre disponible de 3,3 % à fin juillet 2026. Les transactions hôtelières atteignent 3 milliards d’euros en 2025, puis près de 1,3 milliard au premier semestre 2026. Ces résultats recouvrent toutefois des situations différentes selon les catégories d’établissements et les territoires.

Cette dynamique ne suffit pas à préserver l’ensemble des entreprises. Au premier semestre 2026, 5 057 dirigeants de l’hébergement, de la restauration et des débits de boissons ont perdu leur activité, soit une hausse de 10,4 % sur un an. Face à cette fragilisation, le GHR a lancé une enquête nationale pour mieux identifier les difficultés et les priorités des professionnels.

La montagne confirme son attractivité estivale

Plusieurs bilans d’opérateurs témoignent de l’intérêt des vacanciers pour les destinations de montagne. Belambra annonce une progression de 7 % de son chiffre d’affaires estival, qui atteint 13 % pour ses destinations d’altitude. De son côté, Villages Clubs du Soleil a accueilli 62 080 clients, en hausse de 1,3 %, avec un taux d’occupation de 85,6 %. L’opérateur souligne également le succès de la montagne et le rôle des réservations de dernière minute.

La recherche de fraîcheur contribue à cette évolution. Odalys et Flower Campings observent une demande davantage orientée vers les destinations tempérées, ainsi qu’une place croissante des courts séjours et des réservations flexibles. D’avril à septembre, Odalys enregistre 3 % de nuitées supplémentaires, tandis que le chiffre d’affaires hébergement de Flower Campings progresse de 6 % à périmètre constant.

Dans l’hôtellerie de plein air, le bilan de Pitchup place Auvergne-Rhône-Alpes en tête des régions les plus visitées sur sa plateforme, devant la Bretagne et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les recherches associées aux lacs et à la montagne se distinguent par leur dynamisme. Ce résultat porte sur l’activité de la plateforme et ne constitue pas un classement de la fréquentation régionale tous canaux confondus.

Ces constats rejoignent les observations sur l’adaptation des projets de vacances : face aux fortes chaleurs et aux incendies, les voyageurs ont notamment modifié leurs destinations ou leurs dates de séjour. Pour les hébergeurs, ces évolutions invitent à travailler la souplesse des offres et la réactivité commerciale.

Des réseaux qui renforcent leur présence en Auvergne-Rhône-Alpes

Le développement des enseignes se poursuit dans la région. Parmi les 45 établissements intégrant le groupe Logis Hôtels, dont 44 en France, dix se situent en Auvergne-Rhône-Alpes. Ces nouvelles adhésions concernent la Drôme, l’Isère, la Savoie, l’Ardèche, l’Allier, le Cantal et le Puy-de-Dôme, avec des établissements relevant de plusieurs marques du groupe.

À proximité de Lyon, Radisson annonce un futur Resort & Spa au Golf du Verger, dont l’ouverture est prévue en 2029. Le projet comprend 148 chambres, un spa de 800 m² et des espaces événementiels, associant séjours de loisirs, bien-être et accueil de manifestations professionnelles. Le groupe renforce également son implantation parisienne avec l’East Side Hôtel Gare de l’Est.

Des opportunités sur les clientèles professionnelles et internationales

Les réunions et séminaires constituent un moteur de croissance pour certains réseaux. The Originals Hotels affiche une hausse de 8 % de son chiffre d’affaires à périmètre constant à fin août, portée notamment par une progression de 35 % de l’activité réunions et séminaires. Les segments loisirs et clientèle d’affaires progressent respectivement de 6 % et de 3 %. Ces résultats illustrent, à l’échelle de la coopérative, l’intérêt de diversifier les clientèles.

Sur les marchés internationaux, Lyon et Chamonix se démarquent. Les réservations hôtelières effectuées depuis la Chine continentale progressent de 190 % pour Lyon et de 255,6 % pour Chamonix-Mont-Blanc. Ces évolutions concernent uniquement les réservations enregistrées sur la plateforme et ne permettent pas de déduire les volumes globaux de fréquentation.

La distribution et les achats au cœur de la performance

La maîtrise de la commercialisation reste un sujet central. Radisson déploie un outil d’alignement automatique des prix qui détecte les tarifs publics inférieurs proposés par des plateformes tierces et ajuste les offres comparables sur son propre site. L’objectif est de faciliter la réservation directe. Dans le même temps, l’extension PriceMice de NordVPN permet aux voyageurs de comparer les prix d’une même chambre depuis plusieurs pays, renforçant les possibilités de comparaison tarifaire.

Le projet de plateforme française porté par l’UMIH pose la question des moyens à mobiliser pour proposer une offre compétitive et différenciée face aux acteurs internationaux. Du côté des charges d’exploitation, ECO-ONE lance une centrale d’achats destinée aux hôtels indépendants. Baptisée ONE, elle propose des conditions négociées collectivement et un outil de gestion des approvisionnements, sans frais d’adhésion ni engagement contractuel annoncés.

La qualité de l’expérience hôtelière gagne en visibilité

Les distinctions internationales participent à la visibilité des établissements. La sélection des Clefs MICHELIN 2026 rassemble 2 832 hôtels dans 79 destinations. En France et à Monaco, 23 établissements obtiennent leur première distinction. Parallèlement, six hôtels français figurent au classement World’s 50 Best Hotels, contre quatre en 2025. Ces palmarès offrent un éclairage sur les expériences et les positionnements valorisés à l’international.

Accompagner les entreprises et préparer la saison hivernale

Dans l’Ain, Groupama Rhône-Alpes Auvergne et l’UMIH 01 nouent un partenariat autour de l’assurance, de la prévention et de la protection de l’activité. Des réunions et ateliers doivent notamment aborder les risques professionnels, la prévoyance et la transmission-reprise.

La préparation de l’hiver remet également le recrutement au premier plan. Club Med recherche plus de 1 400 collaborateurs pour ses 13 resorts alpins. Parmi les postes à pourvoir, 840 concernent l’hôtellerie-restauration et 180 les métiers de l’enfance.

L’actualité professionnelle porte aussi sur la représentation du secteur. Le projet d’adhésion du GHR Paris Île-de-France à l’UMIH reste conditionné à l’adoption des modifications statutaires lors de l’assemblée générale extraordinaire du 23 octobre. Sur un autre registre, l’émission « Alerte à l’hôtel » fait l’objet d’une analyse critique sur la représentation des exploitants et la prise en compte des réalités économiques de leur métier.

Des départs en colonies de vacances qui restent sous pression

La progression des aides au départ en colonies de vacances ne permet pas encore de conclure à une reprise de la fréquentation. À fin août 2026, près de 100 000 enfants avaient bénéficié des Aides Vacances Enfants et 29 280 étaient inscrits au Pass Colo. Les adhérents de l’UNOSEL signalent toutefois une baisse d’environ 3 % des inscriptions par rapport à 2025. Les données nationales consolidées, attendues en novembre, permettront de préciser l’évolution des départ

Le tourisme durable se traduit par de nouveaux dispositifs

L’évolution de l’offre soulève également la question de sa répartition territoriale. Le développement d’hébergements dans les zones moins fréquentées constitue une piste pour mieux répartir les flux touristiques et favoriser des pratiques de séjour plus responsables.

Les démarches de qualification évoluent également. La Clef Verte prépare l’élargissement de son périmètre aux centres de conférences, musées, centres d’interprétation et parcs à thème. Une phase pilote est prévue en 2027, avant une ouverture plus large en 2028.

Dans la Loire, une possibilité de financement concerne directement les hébergeurs. L’appel à projets LEADER consacré aux hébergements touristiques durables est ouvert jusqu’au 31 mars 2027. Il cible l’hôtellerie de plein air et les gîtes d’étape des territoires éligibles du Roannais, du Forez et du Pilat. Les dossiers sont examinés au fil de l’eau ; les porteurs de projet sont invités à vérifier leur éligibilité auprès de leur référent local.