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Club Med : Des projets touristiques créateurs de valeur pour les territoires

Club Med – Les Arcs


Xavier Le Guillermic
Directeur des Infrastructures
des villages du Club Med
pour la zone Europe,
Moyen-Orient et Afrique

Xavier Le Guillermic est Directeur des Infrastructures des villages du Club Med pour la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique, mais également en charge de l’activité de promotion immobilière Property ainsi que de la stratégie Montagne du groupe.
Les infrastructures couvrent l’ensemble du processus de développement d’un projet, depuis les premières études jusqu’à la sortie du portefeuille, en passant par les phases de construction, de rénovation et de maintenance.

Présent au Club Med depuis plus de vingt-cinq ans, il a successivement occupé des responsabilités opérationnelles avant de créer, en 2015, le pôle Infrastructures. Depuis 2023, Xavier Le Guillermic est également responsable de la trajectoire carbone du groupe (scopes 1 et 2) à l’échelle mondiale.

Quels critères ont conduit le Club Med à choisir la région Auvergne-Rhône-Alpes pour s’implanter et développer ses resorts ?

Le berceau du Club Med, depuis sa création en 1950, est la Méditerranée. L’ouverture du premier resort à la montagne intervient en 1956 à Leysin, en Suisse, avant un déploiement progressif sur l’ensemble de l’arc alpin européen, en France, en Suisse et en Italie. En France, le groupe s’implante notamment à Tignes, Val-d’Isère ou encore aux Arcs.

Cette croissance rapide et régulière dans les Alpes conduit le Club Med, à la fin des années 1990, à implanter à Lyon un bureau opérationnel, notamment chargé de la plateforme de recrutement et d’affectation des GO et GE pour les villages de montagne. Au fil du temps, le site lyonnais devient naturellement le siège de la Business Unit EMEA*, qui regroupe en 2026 quatorze resorts de montagne, mais aussi vingt resorts balnéaires et un bateau de croisière.

Comment qualifier le foncier touristique en Auvergne-Rhône-Alpes au regard des besoins d’un opérateur international comme le Club Med ?

Le foncier touristique en Auvergne-Rhône-Alpes est aujourd’hui un enjeu stratégique pour le développement des projets de montagne. Historiquement, l’aménagement touristique y est encadré par un cadre réglementaire structuré, issu notamment des lois et plans montagne, avec un parcours administratif précis : dossiers d’Unités Touristiques Nouvelles (UTN), Schémas de cohérence territoriale (SCoT) ou encore Plans locaux d’urbanisme (PLU).

Ces dispositifs traduisent l’attention particulière portée par les territoires alpins à un développement touristique maîtrisé et durable. Ces dernières années, ce cadre s’est encore renforcé avec des réglementations visant à accompagner les transitions environnementales, comme la loi Zéro Artificialisation Nette (ZAN), les différentes réglementations thermiques ou encore le dispositif Éco Énergie Tertiaire (DEET), qui encourage l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments.

Dans ce contexte, les projets doivent aujourd’hui s’inscrire dans une logique de concertation étroite avec les élus locaux, les services de l’État et les habitants. Cette exigence contribue à faire émerger des projets de grande qualité, pleinement intégrés dans leur territoire. Si les procédures peuvent parfois allonger les délais de développement, elles participent aussi à garantir un aménagement équilibré et durable des stations de montagne.

En quoi l’environnement régional et notamment l’écosystème local, contribue t-il à sécuriser les projets d’investissement touristique ?

Notre enracinement ancien dans la région et dans les Alpes démontre que le Club Med s’implante toujours dans la durée au sein des territoires, en développant des relations étroites avec les élus locaux et régionaux, quelles que soient leurs orientations en matière d’aménagement. Cette coopération s’étend également aux services de l’État et aux différentes administrations impliquées dans l’instruction des projets.

Concrètement, l’implantation du resort des Arcs 1600 en 2018 illustre bien cet impact territorial : elle génère chaque année entre 10 et 12 millions d’euros de retombées économiques pérennes pour le territoire, sans compter les investissements initiaux. Lors de la construction du village, près de 90 % des travaux ont été confiés à des entreprises locales, auxquels s’ajoutent les retombées liées aux remontées mécaniques et aux infrastructures.

Le Club Med est également régulièrement cité en exemple pour certaines initiatives d’organisation des flux touristiques, comme la mise en place d’arrivées en station le dimanche, qui contribuent à limiter la congestion du réseau routier.

Comment les implantations du Club Med permettent-elles de concilier performance économique, et préservation de l’environnement  ?

Tous nos Resorts de montagne ouverts depuis 2011, à l’exception de Val Thorens pour des raisons liées à l’altitude, fonctionnent à la fois l’hiver et l’été. Cette double saison permet d’étaler l’activité économique sur près de sept mois par an, avec des taux d’occupation moyens supérieurs à 85 % en hiver et autour de 70 % en été.

Parallèlement, l’ensemble de ces établissements est certifié BREEAM, un label international de référence pour la conception et la construction durable, avec des niveaux « Very Good » ou « Excellent » pour nos dernières réalisations. Obtenir de telles certifications à près de 2 000 mètres d’altitude constitue une performance notable.

Depuis plusieurs années, nos Resorts intègrent également les technologies les plus performantes en matière d’efficacité énergétique, comme les pompes à chaleur, la ventilation double flux ou encore les panneaux solaires. Depuis la rénovation de notre village de l’Alpe d’Huez en 2018-2019, nous privilégions également la rénovation de Resorts existants, comme ceux de Val-d’Isère ou La Plagne, ou bien des implantations sur des terrains déjà artificialisés, comme à Tignes-le-Lac.

Dans certains cas, ces projets permettent même de restaurer des sites existants : à La Rosière, par exemple, le développement du Resort s’est accompagné de la dépollution d’un ancien aérodrome et de la mise en œuvre d’un projet de reconquête de la biodiversité.

Quel message pourriez-vous transmettre à des investisseurs ou opérateurs touristiques qui envisagent aujourd’hui un projet foncier en Auvergne-Rhône-Alpes ?

Dans les territoires de montagne, sur lesquels nous avons développé une expertise solide depuis une quinzaine d’années, il est essentiel de concevoir des projets qui apportent une véritable valeur ajoutée au territoire. Cela passe par le développement d’une activité pérenne, des investissements de long terme et une architecture qui respecte les codes locaux et s’intègre harmonieusement dans le paysage de la station.

Ces projets doivent également s’inscrire dans une logique de partenariat étroit avec les acteurs locaux et être construits en concertation avec les élus et les habitants. Ils doivent enfin porter une attention particulière à l’optimisation de l’empreinte carbone, tout en contribuant au dynamisme économique des territoires de montagne.