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Hébergements collectifs en Auvergne-Rhône-Alpes : une activité stabilisée face à des recompositions structurelles

Un parc conséquent, structuré et historiquement ancré

Le parc d’hébergements spécialisés dans l’accueil de mineurs reste conséquent. En 2025, ce sont 500 établissements représentant une capacité de 48 677 lits qui accueillent des groupes d’enfants en séjour scolaire, colonies de vacances ou autres séjours collectifs. Les structures sont variées : centres de vacances, gîtes d’étape et de séjour, villages vacances, auberges de jeunesse, maisons familiales, refuges ou encore centres internationaux de séjour. Si le parc est hétérogène, les centres de vacances restent majoritaires et représentent 61 % du parc et des lits . Les hébergements comptent en moyenne 97 lits par établissement.

Cette structuration traduit la persistance d’un modèle historiquement orienté vers l’accueil de groupes constitués, impliquant des équilibres économiques fortement dépendants du taux d’occupation et de la saisonnalité. Les centres de vacances, historiquement implantés en montagne, permettent aux territoires de Savoie, Haute-Savoie et Isère de concentrer 73 % des lits.

Cette forte polarisation territoriale accentue la dépendance du secteur aux dynamiques propres aux destinations de montagne, notamment en matière de saisonnalité et d’exposition aux aléas climatiques.

Une fréquentation globalement stable mais contrastée

En 2025, 4,5 millions de nuitées ont été enregistrées, soit une hausse de +1 % par rapport à 2024 et de +9 % par rapport à 2022 . En comparaison avec 2019, les nuitées affichent toutefois une baisse de -9 %. Ce différentiel confirme que le rattrapage post crise reste incomplet, traduisant une reprise progressive mais encore fragile.

Il est à souligner que 82,5 % des nuitées sont concentrées dans les départements de la Haute-Savoie et de la Savoie . Les centres de vacances, représentant 96 % des nuitées, ont vu leur fréquentation augmenter de +9% par rapport à l’année précédente..

Durant cette année 2025, la dynamique est contrastée. Certains hébergeurs évoquent une « année exceptionnelle », tandis que d’autres signalent une diminution de la fréquentation, des annulations et des difficultés liées à la nouvelle législation sur les salaires des animateurs. Ces écarts de perception traduisent une hétérogénéité croissante des situations économiques, liée à la fois au positionnement des établissements, à leur niveau de diversification et à leur capacité d’adaptation.

Malgré les défis (changement climatique, hausse des coûts, baisse du pouvoir d’achat), 73 % des répondants se déclarent confiants pour l’avenir

Une recomposition significative de la structure de la clientèle

En 2025, la clientèle jeune représente 52 % des nuitées . Les accueils collectifs pour mineurs (colonies, courts séjours) représentent 24 %, et les séjours scolaires 21 %. La part de la clientèle adulte progresse nettement et atteint 48 % des nuitées, contre 38 % en 2024, soit une hausse de 10 points .

Cette évolution constitue une inflexion structurelle majeure : elle traduit une diversification volontaire des publics accueillis, visant à sécuriser les taux d’occupation au-delà des périodes strictement scolaires.L’augmentation du taux d’ouverture des établissements, notamment au printemps, en été et en automne, permet de capter davantage de clientèles adultes : groupes, sportifs, familles ou séminaires.

Les établissements évoluent ainsi vers un modèle plus hybride, combinant accueil de mineurs et tourisme de groupe multi-segments.

Une hausse du chiffre d’affaires liée à l’élévation du revenu par nuitée

En 2025, le chiffre d’affaires atteint 264 millions d’euros, soit une hausse de +8 % par rapport à 2024, alors que la fréquentation n’augmente que de +1 %. Ce décalage entre évolution du chiffre d’affaires et fréquentation traduit une augmentation du revenu moyen par séjour, résultant à la fois d’ajustements tarifaires et d’un recours accru à des prestations complémentaires. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de hausse des coûts, qui a conduit les établissements à adapter leurs tarifs et leurs offres.

Le changement de mix de clientèle, avec une part plus importante de clientèles adultes, contribue également à cette progression, ces dernières présentant en moyenne un niveau de dépense plus élevé.

Des perspectives d’adaptation et d’évolution

Les hébergements spécialisés emploient en moyenne 6 salariés permanents et 9 saisonniers par établissement. Pour 2026, la non-reconduction du dispositif « colos apprenantes » contraste avec le renforcement du dispositif Aide aux vacances enfants (AVE). Cette évolution des dispositifs publics participe à la recomposition de la demande et impose aux opérateurs d’ajuster leurs modèles économiques.

Des opportunités de développement sont identifiées : séminaires d’entreprise, groupes sportifs, diversification des activités hors ski, allongement des périodes d’ouverture ou encore développement des classes de découverte sur les saisons intermédiaires. Dans ce contexte, la capacité d’adaptation des établissements apparaît comme un facteur déterminant de résilience, dans un environnement marqué par des contraintes structurelles croissantes.

Pour télécharger l’étude G2A, cliquez ici